Les chiffres

Ce que coûte une exploitation au Tocantins — et ce qu'elle rapporte

Les façons de structurer une exploitation

Sur toute propriété, les 65 % autorisés peuvent être exploités de manière intensive, tandis que les 35 % protégés (Reserva Mentions légales) admettent l'élevage extensif — autrement dit, jusqu'à 100 % de la surface travaille pour vous. Les structures types :

  1. Grandes cultures intégrales sur 65 %, deux récoltes par an ; les 35 % protégés sont laissés au dispositif carbone de l'État.
  2. Polyculture-élevage — 65 % en agriculture intensive, élevage extensif sur les 35 % protégés ; le dispositif carbone de l'État s'applique toujours.
  3. Élevage intensif sur 65 %, élevage extensif sur la zone protégée.
  4. Élevage extensif sur 100 % de la surface, avec le développement de son propre projet de crédits carbone sur l'ensemble de la propriété.
  5. En option : obtenir une certification biologique européenne et exporter vers l'Union européenne.
Bon à savoir : avec le dispositif carbone de l'État, les terres protégées entrent simplement dans le programme public. Si vous développez au contraire votre propre projet carbone sur les parties adaptées et éligibles de la propriété — des terres qui devront alors rester intactes —, vous en supportez vous-même le coût d'investissement, mais vous en conservez aussi les revenus.

La rotation standard repose sur le soja, suivi en seconde récolte de sorgho, de coton ou de maïs. Une autre option en seconde culture est l'herbe — pour le pâturage ou simplement comme couverture du sol.

Le défrichement

Lorsqu'une zone de broussailles doit être mise en culture, la marche à suivre est la suivante : défrichement mécanique et brûlage ; enlèvement des grosses racines et des pierres ; un passage de pulvériseur lourd à disques de 36 pouces, un de pulvériseur moyen de 28 pouces, puis deux passages légers de nivellement ; enfin un chaulage de 8 à 10 tonnes en deux apports (auquel s'ajoute idéalement une tonne de gypse la deuxième année).

Les coûts varient selon la densité de la végétation et l'état du sol, mais il faut compter en moyenne environ 800 € l'hectare.

La bonne nouvelle : le soja peut être semé dès l'année du défrichement, avec un rendement d'environ 50 sacs/ha — soit près d'un tiers du coût de défrichement récupéré immédiatement.

Le rendement du soja

L'unité locale est le sac de 60 kg, actuellement autour de R$ 120 ≈ 20 € au taux de référence simplifié de R$ 6 pour un euro.

Culture de soja sur une exploitation du Tocantins
Le soja au Tocantins — la culture pivot, suivie de maïs, de sorgho ou de coton en seconde récolte.

Le tout sans aucune subvention publique.

Le rendement de l'élevage

La production bovine est en partie spécialisée entre naisseurs, éleveurs et engraisseurs ; l'engraissement se fait en parc d'engraissement ou au pâturage. L'unité de mesure est l'arroba (15 kg). Un bon bouvillon donne 15 arrobas, soit environ 225 kg de carcasse, valant quelque R$ 4 500 aux prix actuels — dont environ 25 % de marge (≈ 190 € par tête).

En pratique, on achète soit des bouvillons maigres que l'on engraisse sur un an, soit des veaux sevrés que l'on élève pendant environ trois ans — dans les deux cas avec l'objectif de vendre une tête par hectare et par an.

L'élevage laitier est peu répandu au Tocantins.

Bovins Nelore au pâturage au Tocantins, Brésil
Bovins Nelore au pâturage — élevés aussi bien sur les terres cultivées que sur les terres protégées.

Environnement des affaires & financement

Depuis que le Brésil a vaincu l'hyperinflation au milieu des années 1990, l'inflation évolue globalement entre 4,5 et 6 %, avec des pointes autour de 10 % en 2015-2016 puis en 2022. Le taux directeur de la banque centrale (SELIC) a oscillé entre 2 et 14,75 % sur la période ; il s'établit aujourd'hui à 14,25 %.

Pour un investissement agricole, les taux d'emprunt locaux sont généralement indexés sur le CDI, le taux interbancaire au jour le jour, et s'élèvent actuellement à environ 14 %, selon le prêteur et les conditions. Un emprunt libellé en dollars américains se situerait plutôt entre 8 et 12 %.

Le seul actif qui ne peut normalement pas être financé est la terre elle-même — sauf à l'adosser à une garantie liquide, telle une garantie bancaire. Une fois acquise, la terre devient en revanche le collatéral de tout le reste : matériel, cheptel, intrants.

Les négociants internationaux et locaux en matières premières — dont les « quatre grands » ABCD (Archer Daniels Midland, Bunge, Cargill, Dreyfus) — proposent des contrats de pré-récolte et financent les intrants en contrepartie, en demandant généralement 28 à 32 sacs de soja par hectare.

Comprendre le taux de change

Tous les montants en euros figurant sur ce site reposent sur un taux de référence simplifié de R$ 6 pour un euro. Le real brésilien tend, sur le long terme, à se déprécier face à l'euro — le graphique ci-dessous retrace les vingt-cinq dernières années du taux R$/€.

Graphique du taux de change du real brésilien face à l'euro sur les vingt-cinq dernières années
Taux de change R$/€, 2000–2024 — une dépréciation du real face à l'euro sur le long terme.

À première vue, cela ressemble à un risque pour un investisseur en euros. En pratique, le phénomène s'autocorrige en grande partie, car ce qu'une exploitation achète et vend — semences, engrais, viande bovine, soja — se cote sur les marchés mondiaux et non en monnaie locale.

Un exemple : il y a deux mois, le sac de soja valait R$ 120 ; il en vaut R$ 110 aujourd'hui. Mais sur la même période, le taux de change est passé de 6,3 à 5,85. Converti en euros, cela donne 19,04 € alors contre 18,80 € aujourd'hui — en euros, le prix n'a pratiquement pas bougé.

Autrement dit, lorsque le real s'affaiblit, les prix des matières premières en reais tendent à monter en compensation, et vos rendements libellés en euros restent remarquablement stables.

Tous les montants reposent sur un taux de change simplifié de R$ 6 pour un euro.

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